oser faire le premier pas
Le mouvement c'est la vie
Et si la Terre s’arrêtait de tourner ? Qu’adviendrait-il de nous ? Et si la nature se figeait dans un cycle, dans une saison précise, comment évoluerait-elle ? Comment les animaux survivraient-ils et la flore ? Et bien, tout comme l’origine de notre monde, notre environnement et notre corps, le mouvement est au coeur de la vie.
Alors pourquoi rester immobile dans une situation, un comportement, une perception de notre monde, une émotion qui bien souvent nous bloque davantage pour entreprendre quoi que ce soit et aller vers ce que l’on désire vraiment ? Là est le problème. Rien n’est jamais immobile. Observez votre coeur ! Que se passerait-il s’il s’arrêtait de battre ? La mort. L’immobilité est la mort. La mort du coeur, du corps, de l’âme, de votre enfant intérieur, de vos projets, de vos désirs, de vos rêves, de votre avancée sur le chemin de la vie.
Alors une fois que l’on s’aperçoit de cela, on comprend que finalement oser changer, oser « prendre un risque » ne nous rapproche pas plus de la mort que de ne rien faire. C’est aussi simple que cela : tout ce qui vous a empêché de faire, d’entreprendre, d’oser, jusqu’à présent, par peur de ci et de ça (qui sont presque toujours liées à la peur ultime de la mort) est en réalité moins dangereux que de « stagner ». Ne pas oublier que nous étions des nomades autrefois. Et avec la sédentarisation nous sommes parfois aller jusqu’à se sédentariser au plus profond de nous-même. Passif est celui qui ne change pas mille fois sa pensée. Nous sommes des êtres qui évoluent alors ne serait-ce pas aller à l’encontre du progrès que de s’enfermer dans ses croyances, et sa vision du monde dans une boule de verre intacte à jamais ?
Un été je me suis lancée sur le chemin de Compostelle… Sans grande expérience de randonnée, sans savoir vraiment ce qui m’attendait, si ce n’est, un cheminement de ma perception des choses, de notre monde, et cela grâce à une reconnection forte à la nature, mais aussi à mon corps, et aux rencontres avec d’autres pèlerins qui avaient encore d’autres visions du monde. À l’instar de mes rencontres en voyage, j’aime découvrir d’autres modes de fonctionnement et pourquoi pas en adopter certains. Parmi tous les enseignements que j’en ai tiré, j’en affectionne un tout particulièrement, gribouillé en route sur mon carnet :
Sur le chemin, le pèlerin se pèle de ses peurs, de ses préjugés, de ses doutes, de ses croyances, de ses peaux et de ses masques, pour se mettre à nu, se révéler, Soi.
Et pour tous ceux qui ont entrepris ou entreprendront un voyage à pied en sac à dos, savent que l’on est tôt ou tard confronté au poids idéal du sac. Et bien vite, on se rend compte que le nécessaire ne pèse pas et que ce qui encombre ce sont les objets et autres accessoires appartenant à la catégorie des « au cas où ». Cette catégorie qui surcharge notre esprit et notre sac pour rassurer nos peurs. J’en ai fait l’expérience… Le long du chemin, je me suis défait de 4 kilos de bagages, pour un sac ne pesant finalement plus que 5 kilos (popote incluse), 4 kilos de peurs, de masques sociaux, de doutes qui ralentissaient mon avancée et fatiguaient davantage mon corps. Mais aussi 4kg qui m’empêchaient de voir les choses autrement, n’ayant plus le même confort et le même matériel, j’ai dû me débrouiller, ruser d’ingéniosité pour parer aux imprévus auquel la nature nous met face. Délestée de 4kg pour oser demander de l’aide à quelqu’un, et tisser de nouveaux liens, 4kg de moins pour gagner du temps à ranger mes affaires et profiter de 4minutes de plus par jour de la nature etc. Essayez, vous verrez c’est chouette de voir tout ce qui peut arriver de grandiose quand on arrête d’imaginer le pire. Et de faire le vide pour faire le plein !


